Les pèlerinages

Les pèlerinages faisaient partie de la religion populaire dans le moyen-âge. A Sains, le tombeau des Saints Martyrs était un lieu de rassemblement important. Le 27 juin est retenu comme date anniversaire des Saints (27 juin 1664, Fête de la Translation).

La révolution de 1789 avait interrompu le pélerinage mais il fut repris pour quelques années (1820 à 1828)  grâce, en partie, aux Pères Jésuites et le collège de Saint-Acheul.


 C'est longtemps après, en 1908, il y a tout juste un siècle, que cette pieuse tradition refit surface.

 

 Souhaité par le chanoine Messio, cet évènement a eu lieu le 5 juillet 1908 sous l'impulsion du curé-doyen de Sains Achille MOY.

 

 

 

Dès cette première année de la Restauration du pèlerinage au tombeau, la procession fut majestueuse.

 

 

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  En voici une description par Achille Moy , curé Doyen de Sains du pèlerinage de Juillet 1909 :

 

"Les paroissiens de Sains se sont montrés admirables pour la préparation de ces fêtes. Tous ont voulu y participer, tous ont tenu à montrer combien ils ont au cœur, le culte de leurs saints.

pro23Les rues admirablement pavoisées, avec leurs arcs de triomphe si gracieux, offraient aux pèlerins le plus enchanteur accueil.

Malgré une pluie persistante de toute la semaine malgré l’incertitude du temps de la journée, les pèlerins étaient venus en foule.

L’orage menaçant qui accourait sur nous poussé par le vent au moment du départ de la Procession, s’arrêta à l’entrée du territoire de Sains pour se rabattre vers Cottenchy.

La Procession avec ses groupes très remarqués put se dérouler à travers les rues du village. L’aspect en était splendide. La station sur la place transformée comme en chapelle était féerique. ( ci-dessous)

 

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Un accident dû au détrempement du terrain par la pluie aurait pu avoir des conséquences graves, mais grâce à la protection de nos saints Martyrs, tout s’est arrêté à quelques égratignures."

 

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Le succès du pèlerinage de 1908 contribua à son renouvellement.

C'est pourquoi, il eut lieu tout naturellement, les années suivantes au mois de juillet (1909) ou de juin (1910)

 

 ci-contre :dimanche 26 juin 1910.

   

Puis de nouveau en juillet: le 23 juillet 1911.

 

De cette journée, le curé de Saint Sauflieu  A. CAFFIN en fait la description suivante:

 

"A la messe du Pèlerinage , célébrée par le Révérend Père Vaccon, l’église semblait trop petite pour contenir la belle assistance. L’Harmonie de Sains se fait entendre.

C’est surtout l’après midi qu’arrivent les pèlerins. Vers 4 heures, la procession se met en marche sur la route de Saint Fuscien. Le digne pasteur de cette paroisse est encore ouvrier de la première heure à Sains, après s’être imposé le matin, le labeur d’une fête spéciale en l’honneur du premier des saints Martyrs dans son église, parée comme aux grands jours.

Les groupes de la paroisse ont la même fraîcheur et le même intérêt que par le passé. L’ordre et le recueillement sont parfaits. Le Chœur de cantiques de Grattepanche auquel se sont jointes les chanteuses de Guyencourt, exécute ses plus beaux morceaux avec un ensemble et un entrain dignes d’envie.

Pro04Ces groupes nouveaux ne laissèrent pas que d’intéresser les pèlerins. A signaler : de Rumigny, les Saints Innocents avec leur bannière paroissiale ; de Grattepanche, saint Cyr et sainte Juliette, en costume du temps ; de Saint-Sauflieu, un saint Denis qui ne portait pas trop mal la dignité épiscopal, et quelques jeunes filles tenant en main, celles-ci des vases sacrées, celles-là les emblèmes des vertus théologales ; de Saint-Fuscien, Jeanne d’Arc accompagnée de saint Michel et de sainte Catherine.

 

Sur le char monumental ont pris place autour des reliques une vingtaine d’aimables petits enfants de Sains qui chantent à point nommé un Alléluia en levant en chœur les palmes de la Victoire"

 

Puis la même procession en 1912 ( 21 juillet 1912) est commentée comme suit par le même curé de Saint Sauflieu:

 

"Les offices du dimanche matin terminés, MM les curés du canton sont venus, ceux-ci avec leurs groupes anciens ou nouveaux prêts à prendre rang dans la procession, ceux là avec tout un monde de joyeux pèlerins accourus de loin en priant et en chantant les saints cantiques dans des chariots qui rappelaient si bien les pèlerinages d’autrefois.

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A 3h. ½, la procession se met en marche.

 

Des cavaliers, vrais types du vieux chef gaulois, forment l’avant garde. Les différentes théories les suivent et se déroulent : le char monumental qui est de tradition ce jour-là, s’ébranle, présentant à la foule les trois saints, les reliques précieuses encadrées par ce joli petit monde des enfants de Sains vêtus de blanc et de palmes à la main.

 

La musique de Sains lance aux échos les notes les plus entraînantes : Gloire et hommage aux saints martyrs ! Les menaces du temps imposèrent le sacrifice d’une partie du parcours habituel, mais la procession put assez se déployer pour édifier et provoquer ici et là de justes admirations.

La procession et la foule vont se grouper, cette année, sous une tente toute naturelle et bien opportune à cette heure, sous les larges tilleuls de la place de l’église où une chaire a été dressée à l’entrée du presbytère qui a retrouvé ainsi que l’église, sa parure et sa décoration des grands jours. "

 

De nouveau, la procession aura lieu en 1913, 1914 et puis c'est la grande guerre.

 

Il faut attendre la fin des années 20 pour que se reforme le cortège des participants et alors le pélerinage redevient un évènement incontournable, le 2ème dimanche de juillet.

 

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Pour le pélerinage du 10 juillet 1938, Le « journal d’Amiens » écrit l'article suivant, reproduit dans « La croix de Paris »:

 

"Malgré la pluie menaçante mais qui n’est heureusement tombée qu’après la cérémonie, la paroisse de Sains a donné dimanche un très vif éclat à la fête traditionnelle des Saints Fuscien, Victoric et Gentien, dont elle se fait gloire de posséder le tombeau.

Le matin, à 11 heures, un prêtre de la dernière ordination, M L’abbé Godart, célébra la messe solennelle de pèlerinage.

L’après-midi, à 15h 30, l’excellente Schola des Pères du Sacré-Cœur – qui devait ensuite assurer les chants de la procession et du salut – chanta les vêpres, tandis qu'au dehors s’organisa le très vaste et très beau cortège. L’église eût été trop petite pour contenir la foule des pèlerins venus non seulement de la paroisse, mais de toute la région, aussi des haut-parleurs avaient-ils été installés pour permettre de suivre très bien du dehors, l’office religieux.

Les vêpres terminées, le cortège se mit en route avec une ampleur inaccoutumée.

Pro06On y comptait une quarantaine de groupes costumés, dont plusieurs venaient de Dury, Saleux, Bacouel, Plachy, Vers, Prouzel, Nampty, Saint-Sauflieu, Amiens. Deux chars furent particulièrement remarquables : celui du Vœu de Louis XIII, où l’on voyait le roi offrant à la Vierge sa couronne et son épée, et celui des Martyrs. La clique d’Oresmaux et l’Harmonie de Sains se faisaient entendre et apprécier alternativement entre les chants liturgiques.

Lorsque ce beau cortège eut parcouru la plus grande partie de la bourgade, dont la plupart des maisons avaient reçu une abondante et gracieuse décoration, tous les groupes vinrent ce masser sur la place voisine de l’église où devait avoir lieu la cérémonie finale.

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De nouveau, la guerre 39/45 met un coup d'arrêt au faste de la cérémonie:

 

Abbé Clauzade écrit, à propos du défilé de Juillet 1947:

 

"Il n’était pas possible de songer cette année à une présentation historique du martyre de nos tros Saints Patrons. Les difficultés d’ordre matériel s’y opposent absolument. Aussi nous avons dû nous contenter d’une manifestation de foi et de pièté.

Comme l’assistance était nombreuse, nous avons jugé que la procession en raccourci des années de guerre était périmée. C’est dans toutes les rues du village que nous avons fait l’ostentation des reliques de nos Saints Martyrs, en chantant à pleine voix le cantique si populaire que tous les vieux de Sains savent par cœur.

La cour où généralement se termine la procession est inabordable par suite d’une excavation profonde et les gros marronniers abattus encombrent l’accès.

Malgré les inquiétudes que nous donnèrent de gros nuages, au commencement de l’après-midi, le temps s’est maintenu très beau pour la procession, qui, au dire des vieux de Sains n’a jamais été contrariée par le mauvais temps."

 

Mais on ne verra pas de chevaux, ni ces années d'après-guerre, ni jamais par la suite.

 

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